Réponse à la question de Anonyme, du 6 août 2012 20:30
Question piège car la notion de bien ou de mal n'est pas vraiment scientifique. C'est nous, au sens large, en tant que société des Hommes, qui décidons de ce que sont le bien et le mal, que ce soit d'un point de vue philosophique, théologique ou moral. Petite sortie scientifique sur le terrain de l'éthique:
Nous sommes tous d'accord pour dire que tuer quelqu'un est mal. Ou pour penser que protéger quelqu'un est bien. Pourquoi ces valeurs sont elles universelles? Ces notions semblent découler de l'empathie. Sur wikipédia, on peut lire cette définition:
"l'empathie est une notion complexe désignant le mécanisme par lequel un individu (un animal dans le domaine de l'éthologie) peut « comprendre » les sentiments et les émotions d'un autre individu voire, dans un sens plus général, ses états mentaux non-émotionnels, comme ses croyances (il est alors plus spécifiquement question d'« empathie cognitive »)."
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| Danae, par G.Klimt. |
Si nous jugeons une action ou une attitude mauvaise, même si elle est dirigée vers autrui, c'est parce que l'on aimerait pas qu'elle soit dirigée contre nous et inversement. Je n'aimerais pas être tué et j'ai l'impression qu'il existe un consensus assez clair autour de la question: tuer est il mal?
Cette façon de raisonner dépasse le cadre des l'espèce humaine. Certains animaux, comme les grands singes, sont capables d'empathie. Et nous pouvons aussi éprouver de la pitié ou de la peine pour des animaux dans des proportions qui dépendent, entre autres, de leur proximité génétique ou affective: c'est mal de tuer des phoques pour leurs fourrures mais c'est moins mal d'écraser une araignée. Cette distinction a une base scientifique, si cela peut vous rassurer: il est certain que le phoque ressentira la peur et la souffrance de façon similaire à ce que l'Homme peut ressentir, pas l’araignée. Dans une moindre mesure, un arbre arraché, une rivière polluée ou un monument historique en flammes provoquent aussi un sentiment analogue à l'empathie. Ainsi, au delà du rapport évident avec la souffrance et la peur, nous avons pris pour habitude de considérer que tout ce qui est potentiellement préjudiciable et mal, que ce soit gifler une mouette, crever les yeux de votre prof ou taguer la Joconde.
jeudi, août 16, 2012
Karim MADJER










