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dimanche 25 juin 2017

Avoir un bébé : ma critique et quelques autres considérations de haut vol

I'm back ! Ce blog était plus ou moins à l'abandon depuis décembre dernier, après la naissance de mon fils (ça me fait encore tout drôle d'écrire cette phrase), mais je m'étais promis de reprendre sérieusement une fois qu'il aurait 6 mois. Avec 285 brouillons de billets qui s'entassent, il était grand temps. Comme c'est mon habitude, je vous propose ma critique de l’événement, assortie de quelques considérations stratosphériques sur le nonsense de la vie, les bilans énergétiques négatifs, les parasites et les vampires. Voici donc le premier billet post-apocalyptique de Sweet Random Science, un billet d'humeur avant de revenir à la science. Bonne lecture :)

Ma critique 

Après LEGO The Batman Movie, c'était LA grosse sortie de la fin d'année 2016, du moins en ce qui me concerne. J'avais eu des places en avant-première grâce à une copine, et je pense qu'elle m'aurait un peu fait la tronche si je ne m'étais pas pointé le jour J. C'est vrai que j'étais super bien placé, ça aurait été con de louper ça.

L'histoire 

Probablement l'histoire la moins originale du monde, après celle d'Independance Day : resurgence. Mais on a beau la connaître par cœur, on est rapidement pris dans le feu de l'action. Tourné à la première personne, le film donne immédiatement une perspective nouvelle aux événements, si élémentaires soient-ils. La mise en scène est criante de vérité, on s'y croirait, le moindre détail semble tout droit sorti d'un véritable bloc opératoire. Dr House peut aller se faire fabriquer un pommeau de canne. Je ne m'attarde pas trop sur cet aspect, mais je citerai un passage qui illustre bien cette minutie obsessionnelle dans la mise en scène : le moment où le père, à qui on tend le nouveau-né, s'en saisit avec un mélange d'émotion et de dégoût, à cause du vernix caseosa, une sorte de cire répugnante qui recouvre la peau du bébé et le protège du liquide amniotique ainsi que de l'air ambiant. Quand j'ai entendu le nom pour la première fois, je me suis dit que ça ferait un super nom de sort pour Harry Potter :

"Vernix Caseosa !" Le nouveau-venu se trouva instantanément enduit d'une substance cireuse.

"Damnation et méconium !" maugréa-t-il, "Le PH de ma peau est stabilisé ! Je t'aurai un jour Hairy Pater !"

Les acteurs 

Le gros plus du film, c'est le rôle de leur vie. J'ai voulu faire une interview de la tête d'affiche, mais je pense qu'il avait un peu forcé sur le biberon, parce qu'on entrave que dalle. Il finirait comme Macaulay Culkin ou Jordy que ça ne m'étonnerait pas.

Faut-il avoir un bébé ?

La réponse est non.

Non je déconne. Enfin pas vraiment. Si vous chérissez un tant soit peu votre liberté, votre temps libre et votre sommeil, passez votre chemin. Cette expérience est incompatible avec le maintien d'une vie normale, dans les premiers mois tout du moins. Ajoutez à cela, le bruit et l'odeur (oui je sais, je case cette citation de Chirac un peu trop souvent). En revanche, si vous avez des horaires type service d'accueil téléphonique d'un service publique (10h - 11h30 / 14h - 16 h), que vous n'avez aucune activité sociale, que dormir comme un skipper en haute mer ne vous pose pas de problème particulier et que vous avez du mal à dépenser tout votre argent, vous pouvez tenter l'aventure. Encore faut-il en avoir envie bien sûr. Attention, car la nature est bien faite : une fois arrivé, le bébé monopolise votre empathie et vous être pris dans un piège affectif (je reviens sur cet aspect juste après). Evidemment, ça vaut le coup, mais comme pour un service d'accueil téléphonique d'un service publique, choisissez le bon moment.

Energies non-renouvelables

Je ne sais pas si les bébés étaient représentés à la COP21, mais ils y connaissent tchipette en développement durable. Ces sagouins vous pompent littéralement votre énergie, sans aucune perspective de compensation. Enfin si, ils sourient et rigolent au bout de quelques mois, ce qui a le pouvoir surnaturel de gommer de la mémoire nuits blanches et frustrations en tout genre. Mais entre la multitude de fournitures à usage unique et l'énergie investie, leur bilan carbone est désastreux. Il parait qu'on perd 44 nuits de sommeil dans la première année. 44 nuits que vous ne récupérerez jamais. JAMAIS.

Le bilan économique est tout aussi foireux : si vous cherchez un nom adéquat, appelez votre gamin Kerviel Jr ou Madoff. Accueillir un bébé nécessite d'investir dans du matériel, une nounou, du lait parfois vendu au prix de la coke, et des petits pots insipides mais rehaussés en euros. Ces dépenses s'accompagnent parfois d'autres frais plus conséquents : nouvelle voiture, changement d'appart, consultations psychiatriques etc. Au total, les parents dépensent entre 1 500 et 4 000 euros la première année. Et c'est sans compter tous les achats inutiles auxquels succombent de nombreux parents, poussés par l'industrie qui tire sur la corde sensible.

Le cerveau en guimauve

Comment se fait-il que ce lent suicide biologique et social apporte autant de joie ? Comment la nature s'y prend-elle pour que nous soyons aussi heureux de mourir ainsi à petit feu, une fois le témoin génétique refilé à la génération suivante ? Côté maman, on ne sera pas surpris d'apprendre que le cocktail d'hormones joue un rôle majeur dans l'envie d'un bébé et l'acceptation de le porter, au détriment de la santé mentale et physique. Mais les choses ne s'arrêtent pas là : son cerveau subit lui aussi des modifications. Sans que l'on sache exactement pourquoi ni comment (on privilégie quand même l'hypothèse d'un déclencheur hormonal), on observe une diminution notable du volume de matière grise, associée à des restructurations spécifiques. En mesurant le volume de substance grise, on est même en mesure de dire si une femme a déjà eu une grossesse ou non ! Ces changements auraient pour but d'optimiser la relation mère-enfant, comme on peut le lire dans cet article du blog Le monde et nous.
La substance grise dans le cerveau. Source : democritique.org
Encore plus extraordinaire : le cerveau du père serait lui aussi concerné, dans une moindre mesure, par ces changements qui développent son sens de l'empathie. Si le papa n'en avait rien à cirer des babillements de babies avant d'avoir un bébé, il se découvre curieusement sensible lorsqu'il accueille son propre bébé, allant jusqu'à essuyer une larme en regardant le Roi Lion. Cette altération du niveau d'empathie intervient parfois même pendant la grossesse. On peut en apprendre davantage en lisant cet autre article passionnant, toujours sur le blog Le monde et nous. Je ne citerai personne, mais il arrive même que des papas sur-empathiques connaissent des épisodes de montées de lait !

Un parasite machiavélique 

Ces manipulations machiavéliques ne feraient-elles pas du fœtus le parasite le plus abouti de l'Homme ? Certes, ils font partie de la même espèce (j'ai des doutes parfois), mais le premier manipule sournoisement le second, en lui soutirant toutes les ressources dont il a besoin, tout en le gardant en vie. Plus fort que Toxoplasma gondii et taxaplaya balkanii réunis, le fœtus parvient même à pérenniser ce détournement de fonds jusqu'à 30 ans après avoir quitté son hôte. Et dire qu'il peut lui-même être "parasité". Dans certains cas extrêmement rares de grossesse multiple, l'un des fœtus peut absorber l'autre, si celui-ci arrête de se développer. Le fœtus vivant se développe alors normalement, mais porte quelque part en lui l'embryon de son jumeau/jumelle décédé-e. Ce "tératome" passe souvent inaperçu, mais selon sa taille et son emplacement, nécessite parfois une intervention chirurgicale. En 2015, une femme de 26 ans a été opérée pour retirer ce que l'on pensait être une tumeur au cerveau. Il s'est avéré qu'il s'agissait de son jumeau embryonnaire, qui contenait des ébauches de tissus osseux, dentaires et capillaires. Sympa, je vous épargne les images. Cette plongée dans le gore m'amène à mon point suivant.

Le mythe des vampires

Pâle comme un irlandais sur une plage australienne et nocturne par esprit de contradiction, le bébé draine littéralement vos ressources et votre énergie, après être venu au monde dans le sang et la douleur. Ça ne vous rappelle rien ? Bon sang (ha ha ha) mais c'est bien sûr : le bébé est l'archétype du vampire ! Et dire que certains y ont vu une projection de notre ancestrale peur de la mort, de nos pulsions sexuelles ou encore de nos blessures psychologiques enfouies..  Billevesées ! Et le parallèle ne s'arrête pas là : ces dents qui pointent douloureusement, annonçant une transformation du régime alimentaire trouvent un écho troublant chez les nosferatu. Et le linceul, dans lequel les premiers vampires se drapaient, et qu'ils mastiquaient à l'occasion, n'est-il pas le lange que le nourrisson porte si volontiers à la bouche ? Quant au fait que le vampire ne se reflète pas dans un miroir : est-ce une façon d'illustrer le fait que le nourrisson ne s'y reconnaisse pas ? Dans certaines cultures, un corps non traité à l'eau bouillante devient un vampire. Une référence aux linges et à l'eau bouillante longtemps utilisés lors des accouchements ? Ailleurs, les vampires sont décrits comme "rougeots et gonflés", qualificatifs que l'on peut tout à fait attribuer à la plupart des nouveau-nés. Ajoutez à cela le fait que le bébé rechigne à boire du jus d'ail et il n'y a plus l'ombre d'un doute : si le mythe du vampire est ancré de façon universelle dans la culture humaine, c'est qu'il traduit le double traumatisme de la venue au monde pour l'enfant et de l'accouchement pour la mère. Le vampire est le symétrique radial du bébé, partageant avec celui-ci certains traits notables mais diamétralement opposé sur d'autres : là où le bébé a la vie devant lui, le vampire n'a que la mort..  Quoique, le mot "couffin" sonne étrangement comme "coffin", le mot qui désigne le cercueil en anglais. De toute façon, c'est trop tard, je suis mordu, je l'aime déjà trop. Et quoi qu'il advienne, je lui interdirai Chica Vampiro !


C'est tout pour cette fois, promis, la prochaine fois, on parle science ! Pour apprendre plein de choses au sujet des relations bébé/parents, je vous conseille la page "Petit d'Homme" sur le blog Le monde et nous encore une fois. Et bien sûr, le Café des sciences regorge de ressources sur ce sujet, comme ce billet sur ce que voit le bébé. J'en profite aussi pour signaler l'excellent livre Comment éviter de se fâcher avec la terre entière en devenant parent ? de Béatrice Kammerer et Amandine Johais.

Je vous laisse avec un gif d'un chimpanzé qui déchire un test de mémorisation/classification. Jusqu’à environ six mois, certaines aptitudes, notamment celles basées sur la vue, sont en effet plus développées chez les autres primates que chez l’Homme : ils comptent plus rapidement, ont une meilleure mémoire des formes et des couleurs et appréhendent l’espace et les objets plus facilement. Un primatologue japonais a même montré que les performances d’un singe à un test de mémorisation rapide étaient largement supérieures à celles d’un groupe d’étudiants ! Idem lorsqu'il s'agit de classer, dans l'ordre, des chiffres qui s'affichent de façon aléatoire sur un écran.


Da sources :

La page "Petit d'Homme" du blog Le monde et nous
La page wiki des vampires
Une source quelconque concernant le coût d'une première année avec un bébé
Un lien en anglais sur cette histoire de 44 nuits perdues

lundi 30 décembre 2013

Le cube magique et le T. rex qui vous suit du regard - une illusion d'optique en 3D !

En cette période de fêtes, je vous propose un peu d'amusement : réaliser une illusion d'optique en 3D en trois coups de ciseaux. Pour vous donner tout de suite une idée de ce qui vous attend, voici un petit gif et une vidéo:


Épatant non ? Cela fait une semaine que je bassine mon entourage avec. Pour en voir d'autres, lisez cet article sur le blog Strange Stuff and Funky Things. Le principe est assez connu (nous verrons comment cela marche un peu plus loin), il m'a d'ailleurs été rappelé pendant le réveillon de noël avec la bague d'un bouchon de champagne. Pour essayer, tenez la bague à l'envers, comme sur la photographie ci-dessous, et fermez un œil. Essayez d'imaginer le cercle du fond (en vert sur la photo de droite) en premier plan, et vous devriez être en mesure de réaliser ce petit tour.


Déplacez lentement la tête pour voir le bouchon pivoter dans votre main ! Voici ce que vous devriez voir :



La vidéo n'est pas top, passons à la suite ! Voici un patron de cube avec la jolie station spatiale internationale :
Découpez le, pliez suivant les lignes et collez la languette sous le carré nuageux, de façon à obtenir un demi cube où le carré nuageux est au fond. En gros, selon votre aptitude à manier une paire de ciseaux et un bâton de colle, vous devriez avoir quelque chose comme ça :

Maintenant, tenez le cube dans votre main de sorte que les trois faces soient visibles en gardant toujours la face nuageuse au fond. Fermez un œil pour induire votre cerveau en erreur. Ainsi handicapé, le voici devenu incapable de voir le monde en 3 dimensions, et nous allons pouvoir tricher sur la profondeur. Concentrez vous un peu et imaginez le carré nuageux en premier plan. Ça peut prendre un peu de temps la première fois. Voici ce que vous devez vous efforcer de voir : le même cube avec une perspective inversée. Le carré nuageux doit vous apparaître en premier plan.
Une fois parvenu à visualiser le cube de cette façon, déplacez lentement votre tête sans bouger la main : le cube semble bouger tout seul. En bougeant la main, c'est le cube qui semble flotter ! Stupéfiant, rocambolesque ! Je m'enflamme un peu.

Bon alors, comment ça marche ? Tout est une question d’interprétation. Votre cerveau a ses habitudes. Spontanément, lorsqu'il est confronté à l'image d'un cube, il a tendance à l'imaginer comme on le voit dans l'illustration ci-dessous à gauche (le contour bleu étant plus proche de vous). Pour le visualiser vu du dessous, comme dans l'illustration de droite, il faut sérieusement se concentrer ! C'est la célèbre illusion du cube de Necker, du nom du cristallographe suisse qui publia le premier à ce sujet en 1832. C'est un dessin ambigu où deux interprétations sont possibles. La préférence du cerveau humain pour la version de gauche est en partie à l'origine de l'illusion que vous avez réalisée.

Pourquoi le cube semble-t-il bouger tout seul ? Fermer un œil prive votre cerveau du seul moyen qu'il a de voir en 3 dimensions ; c'est en effet le décalage entre les images vues par l’œil gauche et l’œil droit qui lui permet de recréer une image tridimensionnelle du monde. Comme on l'a vu, votre cerveau a décidé d’interpréter le cube comme si la face nuageuse était en premier plan, c'est à dire plus proche qu'elle n'est vraiment. Mais le cerveau sait aussi que plus un objet est proche, plus son déplacement doit induire un décalage important par rapport à l'arrière plan (un mur par exemple). Pour mieux comprendre, tenez vous devant un mur et portez votre index à quelques centimètres de votre œil, puis décalez le de quelques centimètres à droite. Appréciez alors la distance que la projection de votre doigt a parcouru sur le mur. Refaites l'expérience en tenant votre doigt plus loin, en le décalant de la même distance à droite. Dans le premier cas (en vert dans le schéma ci-dessous), le décalage sur le mur est très important. Dans le second cas (en orange sur le schéma ci-dessous), le décalage sur le mur est beaucoup moins marqué. Oui, c'est le théorème de Thalès, et notre cerveau s'en sert à chaque instant pour apprécier les distances :)

Revenons à l'illusion du cube : le cerveau visualise donc la face nuageuse plus proche qu'elle n'est, et son déplacement apparent par rapport à l'arrière plan est moins grand que prévu. Votre cerveau n'aime pas trop ça, il va essayer de donner un sens à une situation anormale, quitte à tricher un peu. Pour rester cohérent, le cerveau décide tout simplement que c'est le cube lui même qui change d'orientation ! Voici comment votre cerveau analyse et transforme la réalité :
Explication de l'illusion du cube en 3D et de l'illusion du dragon qui vous suit du regard
Les traits rouges, violets ,verts et bleus montrent les trajets des rayons lumineux issus du cube et interceptés par votre œil. Dans la situation 1, votre cerveau s'imagine qu'il voit l'avant du cube (les traits rouges) alors qu'il regarde le fond (les traits violets). La situation 2 est la même, après un déplacement de votre œil vers la droite. Pour concilier son interprétation avec les lois de la perspective, votre cerveau choisit de considérer que le cube a pivoté sur lui-même :
Explication de l'illusion du cube en 3D et de l'illusion du dragon qui vous suit du regard
Avec cette interprétation, tout rentre dans l'ordre : le fond du cube peut devenir la face avant et les déplacements apparents par rapport à l'arrière plan sont cohérents. Un déplacement de la tête vers la droite entraine donc une rotation du cube. Bien sûr, cela marche dans les trois dimensions : quelque soit la direction dans laquelle votre œil se déplace, le cube pivote de façon à respecter les conditions décrites précédemment et toujours présenter la face que l'on imagine plus proche que dans la réalité. Dans l'illusion du dragon qui vous suit du regard (voir ci-dessous), c'est le même principe : les yeux du dragons sont localisés sur la partie correspondant au fond du cube, alors que nous les imaginons en premier plan.  Quand on y pense, c'est un peu effrayant : le cerveau est tellement sûr de son coup qu'il n'hésite pas à tricher avec la réalité pour ne pas être pris en défaut..

Vous pouvez bien sûr réaliser votre propre cube, voici le patron. J’essaierai de rajouter un jour d'autres modèles !
 

Le tyrannosaure qui vous suit du regard

En exploitant exactement le même effet, vous pouvez réaliser l'illusion ci-dessous :


Cette vidéo est issue de la chaine youtube de Brusspup, qui regroupe des dizaines de vidéos époustouflantes sur le thème des illusions d'optique. Cliquez sur les liens ci-après pour télécharger les patrons des modèles rouge, bleu et vert.


Les patrons des T. rex magiques ! Crédits : Brusspup
Si vous habitez près de Paris, la Cité des Sciences propose une exposition permanente dédiée aux illusions d'optique. On peut y voir, entre autres, un masque de figure humaine dont le relief est inversé. L'effet est saisissant : on a vraiment l'impression que le masque nous regarde avec insistance. 
L'illusion des masques à la Cité des Sciences et de l'Industrie. Crédits : K.Madjer

That's all folks. Vous trouverez également sur cette page un patron pour réaliser une carte d'anniv originale et un petit support pour ne pas avoir à la tenir. Joyeux noël en retard :)

lundi 12 août 2013

Rediffusion de l'été : Mini-dossier - Intelligences animales

L'article suivant est construit comme un mini-dossier ; un petit tour d'horizon, très succinct et absolument non exhaustif, de l'intelligence animale. Je le mets régulièrement à jour, raison pour laquelle il se trouve être aujourd'hui le premier candidat à la rediffusion.


En deux siècles, les avancées scientifiques ont bouleversé notre vision de l’intelligence animale. Loin d’être les animaux-machines décrits par Descartes, les animaux font preuve de comportements parfois très complexes et possèdent des capacités cognitives longtemps considérées comme le propre de l’Homme : la conscience, la culture ou la faculté à ressentir des émotions. Que savons-nous aujourd'hui de l'intelligence animale ? Quelles formes prend la cognition animale et comment est-elle étudiée ? Quelles sont les implications pour l’Homme et son rapport aux autres animaux ?

mercredi 13 mars 2013

La semaine du cerveau; Mike le poulet sans tête

Aujourd'hui, dans le cadre de la semaine du cerveau sur le c@fé des sciences, je vous sers encore du réchauffé, avec une adaptation illustrée de l'histoire de Mike le poulet sans tête, qui montre comment quelques grammes de cervelle seulement suffisent pour nous faire accomplir les actions les plus basiques. Vous pouvez aussi retrouver cet article adapté directement sur le site Kidi'Science.


Mike ne devait pas connaitre un autre destin que celui de finir rôti sur une table. Né aux alentours du 20 mars 1945 dans le Colorado, Mike était un coq ordinaire, sans histoires. Il n’avait jamais un mot plus haut que l'autre, sauf parfois le matin, très tôt, et n'était pas connu des services de police. Ses parents étaient de fiers wyandottes et menaient une vie simple et rangée dans la ferme de Lloyd Olsen

La mort trébuche

Le jeudi 10 Septembre 1945, Lloyd le fermier décida qu'il était temps de passer Mike à la casserole et lui trancha la tête. Il est connu que les poulets peuvent parfois gambader encore plusieurs minutes après qu'on leur coupe la tête, aussi Lloyd prit son mal en patience pendant que le poulet décapité continuait à déambuler chaotiquement. Mais à sa stupéfaction, Mike ne mourut pas!

mardi 12 mars 2013

La semaine du cerveau et l'homme au cerveau creux

Illustration : Marc Goncalves
C'est la semaine du cerveau sur le c@fé des sciences ! A cette occasion, les auteurs vous proposent une série d'articles inédits ; découvrez par exemple le plus petit cerveau du monde, comment modéliser le cerveau, comment l'observer ou disséquez celui d'Einstein. Apprenez comment se développe le cerveau, comment il nous fait vomir en bateau et explorez d'autres sujets, comme "le cerveau et la politique" ou "le cerveau et les croyances" ! Ça se passe ici !

Quant à moi, j'ai repris un vieil article (oui je suis un flemmard) au sujet de l'homme au cerveau creux, que je vous propose de (re)découvrir aujourd'hui. Ce billet est adapté en vidéo :


En 2007, la découverte de l'équipe du docteur Feuillet, publiée dans The Lancet, a stupéfié le monde entier. L'examen d'un patient "normal" avait révélé une particularité extraordinaire : sa boîte crânienne était pratiquement vide ! Comment cet homme était-il parvenu à vivre normalement, sans troubles neurologiques ?

Images comparant le cerveau creux (à gauche) et un cerveau "normal". Les grandes zones noires correspondent aux poches de liquide. Crédits: Feuillet et al., The lancet, 2007

lundi 18 février 2013

Un second cerveau dans le ventre et 90% de bactéries ; sommes-nous seuls dans notre corps ?

C'est un des chiffres qui revient beaucoup en ce début d'année : dans notre corps, on dénombre 1 cellule qui nous est propre pour 9 bactéries. Autrement dit, 90% des cellules de notre corps ne nous appartiennent pas ! Au total, ce sont plus de 54 000 espèces de bactéries que nous abritons, réparties comme suit :
Nombre et répartition des espèces de bactéries dans notre corps, d'après Susan M.huse, "A core human mricrobiome as viewed through 16S RRNA sequence clusters"

lundi 7 janvier 2013

Pourquoi les gauchers sont-ils gauchers ?

Aujourd'hui, j'essaie de répondre à la question "Pourquoi les gauchers sont-ils gauchers ? Est-ce inné ou bien acquis ? Comment expliquer qu'ils soient moins nombreux ? Est-ce vrai que les gauchers utilisent des zones de leur cerveau non exploitées par les droitiers ? Bref comment ça marche tout ça ???!"

Une question avec plusieurs questions, cool ! Ça tombe bien parce qu'il y a plusieurs réponses ! Même si, à dire vrai, certaines sont plus crédibles que d'autres. Une chose est sûre : le fait d'être gaucher est un caractère à la fois acquis et inné, ce qui complique un peu les choses.

mercredi 17 octobre 2012

Brainbow : Un arc-en-ciel dans les neurones !

Un tout petit article aujourd'hui, dans la thématique "Art et Sciences", avant de repasser aux choses sérieuses, et en guise d'introduction, cette superbe image :
Brainbow: la bioluminescence au service de l'imagerie neuronale. Crédit : J.Lichtman

Brainbow : bioluminescence et neurologie

Dans l'article "les étranges lumières des abysses", j'évoquais le phénomène de bioluminescence naturelle chez les animaux marins (et chez l'Homme !). Si les animaux se servent de ce mécanisme chimique et biologique pour communiquer, intimider un prédateur ou leurrer une proie, les chercheurs ont eu une autre idée lumineuse : ils utilisent les protéines fluorescentes responsables de la bioluminescence pour marquer et visualiser individuellement des neurones !

mercredi 8 août 2012

Mike, le poulet sans tête

Mike ne devait pas connaitre un autre destin que celui de finir sur une table. Né aux alentours du 20 mars 1945 dans le Colorado, Mike était un coq ordinaire, sans histoires. Il n’avait jamais un mot plus haut que l'autre, sauf parfois le matin, très tôt, et n'était pas connu des services de police. Ses parents étaient de fiers wyandotte et menaient une vie simple et rangée dans la ferme de Lloyd Olsen.

La mort trébuche

Le jeudi  10 Septembre 1945, Lloyd le fermier décida qu'il était temps de passer Mike à la casserole et lui trancha la tête.  Il est connu que les poulets peuvent parfois gambader encore plusieurs minutes après qu'on leur coupe la tête, aussi Lloyd prit son mal en patience pendant que le poulet décapité continuait à déambuler chaotiquement. Mais à sa stupéfaction, Mike ne mourut pas! En fait, le coup de hache avait épargné une partie du cerveau et une oreille. Lloyd avait maintenant un poulet sans tête et l'estomac dans les talons. Il ne parvint pas à récupérer la tête, sûrement emportée par un chat. Le coq semblait perplexe mais n'avait pas l'air de souffrir.
Mike le poulet sans tête

mardi 17 juillet 2012

L'homme sans cerveau : l'incroyable plasticité du cerveau

En 2007, la découverte de l'équipe du docteur Feuillet, publiée dans The Lancet, a stupéfié le monde entier. L'examen d'un patient "normal" avait révélé une particularité extraordinaire : sa boîte crânienne était pratiquement vide ! Comment cet homme était-il parvenu à vivre normalement, sans  troubles neurologiques ?
Ce billet est adapté en vidéo :
Images comparant le cerveau creux (à gauche) et un cerveau "normal". Les grandes zones noires correspondent aux poches de liquide. Crédits: Feuillet et al., The lancet, 2007

lundi 21 mai 2012

Octo Camouflage (les super-pouvoirs de transformation des céphalopodes)

Les céphalopodes sont des animaux fascinants à de nombreux points de vue, et pas seulement parce qu'ils ont les pieds sur la tête. Aujourd'hui, je me contente d'aborder leurs incroyables facultés de camouflage et de transformation. Les pieuvres ou les seiches peuvent en effet changer de couleur, de texture et de forme extrêmement rapidement : elles se fondent dans le décor pour se protéger des prédateurs ou, au contraire, les impressionnent en arborant des couleurs et des formes dissuasives. Cette petite série de vidéos vous permettra d'apprécier l'étendue de leurs talents :