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jeudi 14 décembre 2017

Des livres de science pour noël ! Avec un concours :)

C'était censé être mon petit billet de fin d'été, genre rentrée littéraire scientifique sur Sweet Random Science, mais apparemment je suis capable de laisser passer une saison entière sans toucher à mon blog. Merci Noé. Bref. Voici enfin ma petite critique de mes lectures estivales, avec quelques livres de science "grand public" à remporter (voir concours à la fin). Je vous les mets dans l'ordre de préférence, comme ça pas besoin de tout lire si vous êtes pressés :) Je commence avec les premiers ex-æquo : Insoluble mas vrai de David Louapre, et La science à contre-pied du collectif Café des sciences.

1 - Insoluble mais vrai 

On ne présente plus David Louapre, blogueur et vidéaste qui, avec son blog Science Étonnante et sa chaîne vidéo éponyme, se pose comme le Largo Winch de la vulgarisation scientifique francophone. D'ailleurs, sur la couv, il pose sobrement en col roulé noir cependant qu'il retire subrepticement un morceau de tartiflette de sa joue gauche. Mais ne nous arrêtons pas sur ce cliché, ni sur le comprimé effervescent en arrière-plan, car le bouquin est loin de coller des migraines.

Avec son style limpide et précis, David évoque ces mystères que la science n'a pas réussi à percer, ces énigmes cosmiques aussi insolubles qu'un alka-seltzer en plastique : le lego de l'univers est-il complet ? Pourquoi dort-on (ça je sais : parce qu'on est fatigué) ? Comment déménager un canapé ? La supraconductivité, c'est pour quand ? Comment les protéines trouvent-elles leurs formes ? D'où vient le basque ? Que s'est-il passé avant le Big Bang ? Pourquoi vieillit-on ? L'auteur aborde des sujets extrêmement variés, avec une intelligence et un savoir-faire irréprochable. Comme disait Boileau :

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Comme sur son blog, les illustrations trouvent naturellement leur place. La diversité des thèmes et l'effort de vulgarisation en fait un livre à laisser entre toutes les mains. Les férus de science, les spécialistes ou les blogueurs scientifiques y trouveront aussi leur compte : il y a forcément dans ce livre quelque-chose que vous ne saviez pas ! Une réussite, bien joué David. Ah et vous pouvez remporter ce livre, voir à la fin du billet :)

1 Ex-æquo - La science à contre-pied

La science à contre-pied est un pari osé mais réussi : confier à une ribambelle de vulgarisateurs - certes talentueux - la rédaction d'un bouquin de science grand-public. Osé, parce que concilier autant d'envies, de personnalités et de thèmes dans un seul ouvrage est la gageure (comment se prononce ce mot ?) d'un fou (El Brasero pour ne pas le nommer). Réussi, parce que ce recueil est un condensé ce qui se fait de mieux dans le monde de la vulgarisation scientifique francophone, alors que cela aurait pu être une cacophonie sans nom.

Comme Insoluble mais vrai, La science à contre-pied aborde une multitude de sujets, traités avec des angles et des styles différents, mais toujours avec intelligence et humour. En snob que je suis, je m'attendais à ne pas apprendre grand-chose, mais j'ai dû revoir mes prétentions à la baisse. Mission réussie donc.

Et vous aurez de quoi faire : plus de 300 pages au fil desquelles les nombreux auteurs, que je ne citerai pas individuellement pour éviter l'effet généalogie biblique, nous parlent du côté surprenant, inattendu et parfois contre-intuitif de la science : parfait pour vos anecdotes de repas de fêtes. Saviez-vous par exemple que le pangolin se déplaçait principalement debout sur ses pattes arrière ? Que fermer une route peut réduire les embouteillages ? Que les écureuils sont des tueurs d'enfants ? Que la musique métal avait un effet calmant ? Ou que les cellules d'un fœtus colonisent le cerveau de la mère ? Que vous grandissiez chaque nuit d'un ou deux centimètres avant de vous tasser le lendemain ? En tout, une trentaine de sujets, qui explorent quasiment tous les domaines de la science.

Les chapitres sont tous illustrés, avec brio et humour, notamment par les membres du collectif Strip-Science. Vous trouverez même un B.D signée Alain Bénéteau. Certains chapitres comportent un petit bonus : un QR code vous permettra d'accéder à une vidéo sur YouTube, histoire d'approfondir le sujet.

A titre perso, je trouve que le livre souffre de deux défauts, l'un majeur, l'autre mineur : premièrement, je n'y figure pas. Merci les gars. Deuxièmement, je ne suis pas fan de la couverture. J'avais pourtant proposé une photo de moi en train d'escalader un ficus géant en claquettes Bob l'éponge. Ils ont préféré une otarie en col roulé noir. Il y a certains choix éditoriaux que je ne comprends pas.

2 Charlie au labo

Un très bon cru aussi ! Ce livre particulièrement plaisant regroupe des chroniques scientifiques signées Antonio Fischetti, initialement publiées dans Charlie Hebdo. Le gros plus : le style de l'auteur, qui écrit mieux que heu.. comment dire ça sans froisser personne ? Je sais, je surestime la portée de mon billet. Bref il écrit très bien. Chaque chronique est illustrée par Loïc Faujour, dans le pur style Charlie Hebdo, donc forcément, attendez-vous à voir un ou deux zboubs par-ci par-là.

Côté thématiques, comme pour les deux titres précédents, vous ne serez pas déçus : 80 chroniques de 4 à 6 pages (3 stations de métro environ en unités parisiennes) réparties en huit rubriques vous feront réfléchir, rire ou pleurer, selon que vous soyez un bonobo impuissant ou un premier ministre misérable. Le spectre des thèmes abordés est si large qu'il me serait presque plus simple de vous dire de quoi le livre ne parle pas : les sticks à lèvre croates, Bibi Fricotin et les sous-vêtements en peau de phoque.


Drôles et incisives comme Fernandel, les chroniques n'en sont pas moins sérieuses sur le fond : elles posent des questions (éthiques, sociétales, politiques), suscitent des débats ou bousculent les idées reçues. Tordant le cou à des vieilles croyances ou désamorçant les sujets explosifs, Antonio Fischetti propose aussi de croustillantes anecdotes. On peut citer celle de Francine Néago par exemple : présentée comme une primatologie de renommée mondiale, forcé de rentrer d'Indonésie pour cause de suspension de sa pension vieillesse, elle aurait fini au SAMU social. Presque tous les médias ont partagé l'histoire, avant qu'on ne se rende compte que cette vieille dame n'avait jamais rien fait, si ce n'est tâté le flanc d'un orang-outan à la foire agricole de Bornéo*. Après cela, rares sont ceux qui ont eu le courage de publier un rectificatif.

Ailleurs, il s’intéresse à un épineux problème : "que faire des restes des kamikazes ?", évoque la "médecine sexuée" ou provoque un peu avec une chronique baptisée : "lécher tue". Mais lécher quoi ? Un fil(s) dénudé ? Une barre de métro ? Vous le saurez en lisant la suite des palpitantes aventures de Tony Fish au pays scientifiques. Dire que j'ai utilisé son bouquin en T.D d'acoustique.

* L'histoire est en réalité plus compliquée, il s'agissait a priori de plusieurs orangs-outans, dont un prénommé Kevin. 

3 E=mc²

Un petit livre, par rapport aux précédents, qui, on s'en doute un tout petit peu, présente aux néophytes la plus célèbre équation de l'univers connu. Cette petite formule, presque trop simple, contient pourtant une révolution scientifique et philosophique : elle a permis de comprendre l'univers autrement, a fait basculer la physique dans une nouvelle ère et révélé au monde le pouvoir de l'énergie atomique. Christophe Galfard, physicien théorique, revient sur la genèse de l'équation et explique comment elle a changé notre monde à tout jamais.

Le livre est clair et bien conçu : on progresse, d'étape en étape, jusqu'à l'aboutissement de décennies de réflexion sur la nature du temps et de la matière. Aucune équation, si ce n'est celle du titre : Christophe Galfard reprend la recette de son illustre mentor Stephen Hawking. Agréable et relativement court (une ou deux heures de lecture), le livre est très abordable, contrairement à ce que laissent entendre certaines critiques. Les premières pages sont même simplistes, des phrases minimalistes qui semblent vouloir apprivoiser le lecteur. Cela fonctionne bien : mis en confiance, on lit la suite sans être intimidé. La seule difficulté, mais c'est la même avec tous les ouvrages traitant de la théorie de la relativité, c'est de trouver suffisamment de souplesse dans notre cerveau pour admettre ces réalités complètement contre-intuitives : le temps peut s'écouler plus ou moins vite et les objets peuvent rétrécir selon que vous voyagiez plus ou moins vite.

Si vous êtes curieux, et que vous vous êtes toujours demandé ce que ces quelques lettres signifiaient sans avoir eu le courage de vous lancer, ce livre est fait pour vous. En plus la couverture brille. En revanche, si vous êtes déjà familiers avec le concept, vous n'apprendrez pas grand-chose, et vous préférerez probablement un livre un peu plus costaud.

Da concours

Concours Insoluble mais vrai : il vous suffit de m'indiquer votre participation ici en commentaire, sur ma page Facebook, ou encore sur Twitter (@SweetRScience).

Concours Cadeau de Noël un tout petit peu en retard : partagez ce billet comme bon vous semble et indiquez-moi quel livre vous aimeriez recevoir, en commentaire, sur ma page Facebook, ou encore sur Twitter (@SweetRScience).

Je tirerai au sort un nom pour chaque concours le 22/12/2017, contacterai les gagnant(e)s et enverrai les livres dans la foulée. Je ne garantis donc pas qu'ils vous parviennent pour noël. Good luck !

dimanche 25 juin 2017

Avoir un bébé : ma critique et quelques autres considérations de haut vol

I'm back ! Ce blog était plus ou moins à l'abandon depuis décembre dernier, après la naissance de mon fils (ça me fait encore tout drôle d'écrire cette phrase), mais je m'étais promis de reprendre sérieusement une fois qu'il aurait 6 mois. Avec 285 brouillons de billets qui s'entassent, il était grand temps. Comme c'est mon habitude, je vous propose ma critique de l’événement, assortie de quelques considérations stratosphériques sur le nonsense de la vie, les bilans énergétiques négatifs, les parasites et les vampires. Voici donc le premier billet post-apocalyptique de Sweet Random Science, un billet d'humeur avant de revenir à la science. Bonne lecture :)

Ma critique 

Après LEGO The Batman Movie, c'était LA grosse sortie de la fin d'année 2016, du moins en ce qui me concerne. J'avais eu des places en avant-première grâce à une copine, et je pense qu'elle m'aurait un peu fait la tronche si je ne m'étais pas pointé le jour J. C'est vrai que j'étais super bien placé, ça aurait été con de louper ça.

L'histoire 

Probablement l'histoire la moins originale du monde, après celle d'Independance Day : resurgence. Mais on a beau la connaître par cœur, on est rapidement pris dans le feu de l'action. Tourné à la première personne, le film donne immédiatement une perspective nouvelle aux événements, si élémentaires soient-ils. La mise en scène est criante de vérité, on s'y croirait, le moindre détail semble tout droit sorti d'un véritable bloc opératoire. Dr House peut aller se faire fabriquer un pommeau de canne. Je ne m'attarde pas trop sur cet aspect, mais je citerai un passage qui illustre bien cette minutie obsessionnelle dans la mise en scène : le moment où le père, à qui on tend le nouveau-né, s'en saisit avec un mélange d'émotion et de dégoût, à cause du vernix caseosa, une sorte de cire répugnante qui recouvre la peau du bébé et le protège du liquide amniotique ainsi que de l'air ambiant. Quand j'ai entendu le nom pour la première fois, je me suis dit que ça ferait un super nom de sort pour Harry Potter :

"Vernix Caseosa !" Le nouveau-venu se trouva instantanément enduit d'une substance cireuse.

"Damnation et méconium !" maugréa-t-il, "Le PH de ma peau est stabilisé ! Je t'aurai un jour Hairy Pater !"

Les acteurs 

Le gros plus du film, c'est le rôle de leur vie. J'ai voulu faire une interview de la tête d'affiche, mais je pense qu'il avait un peu forcé sur le biberon, parce qu'on entrave que dalle. Il finirait comme Macaulay Culkin ou Jordy que ça ne m'étonnerait pas.

Faut-il avoir un bébé ?

La réponse est non.

Non je déconne. Enfin pas vraiment. Si vous chérissez un tant soit peu votre liberté, votre temps libre et votre sommeil, passez votre chemin. Cette expérience est incompatible avec le maintien d'une vie normale, dans les premiers mois tout du moins. Ajoutez à cela, le bruit et l'odeur (oui je sais, je case cette citation de Chirac un peu trop souvent). En revanche, si vous avez des horaires type service d'accueil téléphonique d'un service publique (10h - 11h30 / 14h - 16 h), que vous n'avez aucune activité sociale, que dormir comme un skipper en haute mer ne vous pose pas de problème particulier et que vous avez du mal à dépenser tout votre argent, vous pouvez tenter l'aventure. Encore faut-il en avoir envie bien sûr. Attention, car la nature est bien faite : une fois arrivé, le bébé monopolise votre empathie et vous être pris dans un piège affectif (je reviens sur cet aspect juste après). Evidemment, ça vaut le coup, mais comme pour un service d'accueil téléphonique d'un service publique, choisissez le bon moment.

Energies non-renouvelables

Je ne sais pas si les bébés étaient représentés à la COP21, mais ils y connaissent tchipette en développement durable. Ces sagouins vous pompent littéralement votre énergie, sans aucune perspective de compensation. Enfin si, ils sourient et rigolent au bout de quelques mois, ce qui a le pouvoir surnaturel de gommer de la mémoire nuits blanches et frustrations en tout genre. Mais entre la multitude de fournitures à usage unique et l'énergie investie, leur bilan carbone est désastreux. Il parait qu'on perd 44 nuits de sommeil dans la première année. 44 nuits que vous ne récupérerez jamais. JAMAIS.

Le bilan économique est tout aussi foireux : si vous cherchez un nom adéquat, appelez votre gamin Kerviel Jr ou Madoff. Accueillir un bébé nécessite d'investir dans du matériel, une nounou, du lait parfois vendu au prix de la coke, et des petits pots insipides mais rehaussés en euros. Ces dépenses s'accompagnent parfois d'autres frais plus conséquents : nouvelle voiture, changement d'appart, consultations psychiatriques etc. Au total, les parents dépensent entre 1 500 et 4 000 euros la première année. Et c'est sans compter tous les achats inutiles auxquels succombent de nombreux parents, poussés par l'industrie qui tire sur la corde sensible.

Le cerveau en guimauve

Comment se fait-il que ce lent suicide biologique et social apporte autant de joie ? Comment la nature s'y prend-elle pour que nous soyons aussi heureux de mourir ainsi à petit feu, une fois le témoin génétique refilé à la génération suivante ? Côté maman, on ne sera pas surpris d'apprendre que le cocktail d'hormones joue un rôle majeur dans l'envie d'un bébé et l'acceptation de le porter, au détriment de la santé mentale et physique. Mais les choses ne s'arrêtent pas là : son cerveau subit lui aussi des modifications. Sans que l'on sache exactement pourquoi ni comment (on privilégie quand même l'hypothèse d'un déclencheur hormonal), on observe une diminution notable du volume de matière grise, associée à des restructurations spécifiques. En mesurant le volume de substance grise, on est même en mesure de dire si une femme a déjà eu une grossesse ou non ! Ces changements auraient pour but d'optimiser la relation mère-enfant, comme on peut le lire dans cet article du blog Le monde et nous.
La substance grise dans le cerveau. Source : democritique.org
Encore plus extraordinaire : le cerveau du père serait lui aussi concerné, dans une moindre mesure, par ces changements qui développent son sens de l'empathie. Si le papa n'en avait rien à cirer des babillements de babies avant d'avoir un bébé, il se découvre curieusement sensible lorsqu'il accueille son propre bébé, allant jusqu'à essuyer une larme en regardant le Roi Lion. Cette altération du niveau d'empathie intervient parfois même pendant la grossesse. On peut en apprendre davantage en lisant cet autre article passionnant, toujours sur le blog Le monde et nous. Je ne citerai personne, mais il arrive même que des papas sur-empathiques connaissent des épisodes de montées de lait !

Un parasite machiavélique 

Ces manipulations machiavéliques ne feraient-elles pas du fœtus le parasite le plus abouti de l'Homme ? Certes, ils font partie de la même espèce (j'ai des doutes parfois), mais le premier manipule sournoisement le second, en lui soutirant toutes les ressources dont il a besoin, tout en le gardant en vie. Plus fort que Toxoplasma gondii et taxaplaya balkanii réunis, le fœtus parvient même à pérenniser ce détournement de fonds jusqu'à 30 ans après avoir quitté son hôte. Et dire qu'il peut lui-même être "parasité". Dans certains cas extrêmement rares de grossesse multiple, l'un des fœtus peut absorber l'autre, si celui-ci arrête de se développer. Le fœtus vivant se développe alors normalement, mais porte quelque part en lui l'embryon de son jumeau/jumelle décédé-e. Ce "tératome" passe souvent inaperçu, mais selon sa taille et son emplacement, nécessite parfois une intervention chirurgicale. En 2015, une femme de 26 ans a été opérée pour retirer ce que l'on pensait être une tumeur au cerveau. Il s'est avéré qu'il s'agissait de son jumeau embryonnaire, qui contenait des ébauches de tissus osseux, dentaires et capillaires. Sympa, je vous épargne les images. Cette plongée dans le gore m'amène à mon point suivant.

Le mythe des vampires

Pâle comme un irlandais sur une plage australienne et nocturne par esprit de contradiction, le bébé draine littéralement vos ressources et votre énergie, après être venu au monde dans le sang et la douleur. Ça ne vous rappelle rien ? Bon sang (ha ha ha) mais c'est bien sûr : le bébé est l'archétype du vampire ! Et dire que certains y ont vu une projection de notre ancestrale peur de la mort, de nos pulsions sexuelles ou encore de nos blessures psychologiques enfouies..  Billevesées ! Et le parallèle ne s'arrête pas là : ces dents qui pointent douloureusement, annonçant une transformation du régime alimentaire trouvent un écho troublant chez les nosferatu. Et le linceul, dans lequel les premiers vampires se drapaient, et qu'ils mastiquaient à l'occasion, n'est-il pas le lange que le nourrisson porte si volontiers à la bouche ? Quant au fait que le vampire ne se reflète pas dans un miroir : est-ce une façon d'illustrer le fait que le nourrisson ne s'y reconnaisse pas ? Dans certaines cultures, un corps non traité à l'eau bouillante devient un vampire. Une référence aux linges et à l'eau bouillante longtemps utilisés lors des accouchements ? Ailleurs, les vampires sont décrits comme "rougeots et gonflés", qualificatifs que l'on peut tout à fait attribuer à la plupart des nouveau-nés. Ajoutez à cela le fait que le bébé rechigne à boire du jus d'ail et il n'y a plus l'ombre d'un doute : si le mythe du vampire est ancré de façon universelle dans la culture humaine, c'est qu'il traduit le double traumatisme de la venue au monde pour l'enfant et de l'accouchement pour la mère. Le vampire est le symétrique radial du bébé, partageant avec celui-ci certains traits notables mais diamétralement opposé sur d'autres : là où le bébé a la vie devant lui, le vampire n'a que la mort..  Quoique, le mot "couffin" sonne étrangement comme "coffin", le mot qui désigne le cercueil en anglais. De toute façon, c'est trop tard, je suis mordu, je l'aime déjà trop. Et quoi qu'il advienne, je lui interdirai Chica Vampiro !


C'est tout pour cette fois, promis, la prochaine fois, on parle science ! Pour apprendre plein de choses au sujet des relations bébé/parents, je vous conseille la page "Petit d'Homme" sur le blog Le monde et nous encore une fois. Et bien sûr, le Café des sciences regorge de ressources sur ce sujet, comme ce billet sur ce que voit le bébé. J'en profite aussi pour signaler l'excellent livre Comment éviter de se fâcher avec la terre entière en devenant parent ? de Béatrice Kammerer et Amandine Johais.

Je vous laisse avec un gif d'un chimpanzé qui déchire un test de mémorisation/classification. Jusqu’à environ six mois, certaines aptitudes, notamment celles basées sur la vue, sont en effet plus développées chez les autres primates que chez l’Homme : ils comptent plus rapidement, ont une meilleure mémoire des formes et des couleurs et appréhendent l’espace et les objets plus facilement. Un primatologue japonais a même montré que les performances d’un singe à un test de mémorisation rapide étaient largement supérieures à celles d’un groupe d’étudiants ! Idem lorsqu'il s'agit de classer, dans l'ordre, des chiffres qui s'affichent de façon aléatoire sur un écran.


Da sources :

La page "Petit d'Homme" du blog Le monde et nous
La page wiki des vampires
Une source quelconque concernant le coût d'une première année avec un bébé
Un lien en anglais sur cette histoire de 44 nuits perdues

mardi 15 novembre 2016

Dans le tourbillon des particules !

Comme je passe 98,7% de mon temps sur internet*, je réserve mes lectures annuelles à la courte période de mes vacances estivales. Et cette année, le premier bouquin à passer sous mes ongles est un roman insipide, atrocement écrit et vraisemblablement traduit par Franck Ribéry : Le secret du mari, prétendument écrit par une auteure australienne, mais probablement rédigée par un koala alcoolique pour régler ses dettes de jeu. Après trois pages, j'ai pris rendez-vous pour porter plainte contre l'éditeur et je suis passé directement à un titre bien plus prometteur : Le tourbillon des particules, de Marco Zito (le mec pourrait donner son nom à une particule !), qui m'avait été offert par la boutique Science et Vie.  Et vous êtes vernis, c'est ce second livre dont je vais parler aujourd'hui, avec en bonus une interview exclusive et un petit concours pour remporter le livre.
* sondage IPSOS - Crème de marron Clément Faugier - Cadbury Fruit and nut

jeudi 4 février 2016

6 bonnes raisons d'aller voir l'ExoConférence d'Alexandre Astier

Depuis le temps qu'on me parle de l'ExoConférence d'Alexandre Astier ("ExoConf" pour les habitués), j'ai cédé à la pression populaire et je suis allé voir le spectacle vendredi dernier (merci pour les places Rodolphe, c'est con que t'aies préféré Gérardmer). Bon, ben je vous le dis tout net : c'est bien. Et ça c'est chiant. C'est chiant parce que je ne vais pas pouvoir jouer mon snob, comme  je l'avais fait pour ma critique du livre Seul sur Mars. Bon, y a quand même un ou deux trucs que j'ai trouvés pas top, notamment le fait qu'il se pointe sur scène avec une seule barquette de framboises pour 4 000 personnes, et la fille qui riait trop fort juste devant nous. Mais j'y reviendrai à la fin de ce billet. En attendant, voici six bonnes raisons d'aller voir l'ExoConf d'Alex (pour les intimes), que vous soyez physicien alcoolique, brancardier de cinéma, avaleur de sabres ou vicaire copernicien.

mardi 6 octobre 2015

Seul sur Mars : la critique du livre, en attendant le film !

Voilà. On va encore dire que je suis un snob, que je suis blasé et que je n'apprécie rien. Mais tant pis, j'y vais quand même de ma petite critique. Seul sur Mars n'est pas nul, loin de là. Il a cette rare qualité d'être hyperréaliste sans être trop chiant, et l'histoire est captivante. Mais à mes yeux, ce n'est pas un livre. Plutôt un bon scénario de film... Je sais, je vais devoir argumenter.

lundi 7 octobre 2013

Comment faire un bon film de Science-Fiction ?

A quand remonte le dernier BON film de science-fiction ? Cet été, après m'être coltiné dans l'avion Oblivion et Star Trek Into Darkness, j'ai entrepris (LOL !) de me rappeler mes bonnes expériences de SF. Résultat : sur les dix derniers films du genre que j'ai eu l'occasion de voir, aucun ne m'a laissé un bon souvenir. Cloud Atlas s'est révélé être une superposition de mauvais films et certains blockbusters, comme Prometheus ont provoqué un ulcère. Pourquoi ?