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lundi 30 décembre 2013

Le cube magique et le T. rex qui vous suit du regard - une illusion d'optique en 3D !

En cette période de fêtes, je vous propose un peu d'amusement : réaliser une illusion d'optique en 3D en trois coups de ciseaux. Pour vous donner tout de suite une idée de ce qui vous attend, voici un petit gif et une vidéo:


Épatant non ? Cela fait une semaine que je bassine mon entourage avec. Pour en voir d'autres, lisez cet article sur le blog Strange Stuff and Funky Things. Le principe est assez connu (nous verrons comment cela marche un peu plus loin), il m'a d'ailleurs été rappelé pendant le réveillon de noël avec la bague d'un bouchon de champagne. Pour essayer, tenez la bague à l'envers, comme sur la photographie ci-dessous, et fermez un œil. Essayez d'imaginer le cercle du fond (en vert sur la photo de droite) en premier plan, et vous devriez être en mesure de réaliser ce petit tour.


Déplacez lentement la tête pour voir le bouchon pivoter dans votre main ! Voici ce que vous devriez voir :



La vidéo n'est pas top, passons à la suite ! Voici un patron de cube avec la jolie station spatiale internationale :
Découpez le, pliez suivant les lignes et collez la languette sous le carré nuageux, de façon à obtenir un demi cube où le carré nuageux est au fond. En gros, selon votre aptitude à manier une paire de ciseaux et un bâton de colle, vous devriez avoir quelque chose comme ça :

Maintenant, tenez le cube dans votre main de sorte que les trois faces soient visibles en gardant toujours la face nuageuse au fond. Fermez un œil pour induire votre cerveau en erreur. Ainsi handicapé, le voici devenu incapable de voir le monde en 3 dimensions, et nous allons pouvoir tricher sur la profondeur. Concentrez vous un peu et imaginez le carré nuageux en premier plan. Ça peut prendre un peu de temps la première fois. Voici ce que vous devez vous efforcer de voir : le même cube avec une perspective inversée. Le carré nuageux doit vous apparaître en premier plan.
Une fois parvenu à visualiser le cube de cette façon, déplacez lentement votre tête sans bouger la main : le cube semble bouger tout seul. En bougeant la main, c'est le cube qui semble flotter ! Stupéfiant, rocambolesque ! Je m'enflamme un peu.

Bon alors, comment ça marche ? Tout est une question d’interprétation. Votre cerveau a ses habitudes. Spontanément, lorsqu'il est confronté à l'image d'un cube, il a tendance à l'imaginer comme on le voit dans l'illustration ci-dessous à gauche (le contour bleu étant plus proche de vous). Pour le visualiser vu du dessous, comme dans l'illustration de droite, il faut sérieusement se concentrer ! C'est la célèbre illusion du cube de Necker, du nom du cristallographe suisse qui publia le premier à ce sujet en 1832. C'est un dessin ambigu où deux interprétations sont possibles. La préférence du cerveau humain pour la version de gauche est en partie à l'origine de l'illusion que vous avez réalisée.

Pourquoi le cube semble-t-il bouger tout seul ? Fermer un œil prive votre cerveau du seul moyen qu'il a de voir en 3 dimensions ; c'est en effet le décalage entre les images vues par l’œil gauche et l’œil droit qui lui permet de recréer une image tridimensionnelle du monde. Comme on l'a vu, votre cerveau a décidé d’interpréter le cube comme si la face nuageuse était en premier plan, c'est à dire plus proche qu'elle n'est vraiment. Mais le cerveau sait aussi que plus un objet est proche, plus son déplacement doit induire un décalage important par rapport à l'arrière plan (un mur par exemple). Pour mieux comprendre, tenez vous devant un mur et portez votre index à quelques centimètres de votre œil, puis décalez le de quelques centimètres à droite. Appréciez alors la distance que la projection de votre doigt a parcouru sur le mur. Refaites l'expérience en tenant votre doigt plus loin, en le décalant de la même distance à droite. Dans le premier cas (en vert dans le schéma ci-dessous), le décalage sur le mur est très important. Dans le second cas (en orange sur le schéma ci-dessous), le décalage sur le mur est beaucoup moins marqué. Oui, c'est le théorème de Thalès, et notre cerveau s'en sert à chaque instant pour apprécier les distances :)

Revenons à l'illusion du cube : le cerveau visualise donc la face nuageuse plus proche qu'elle n'est, et son déplacement apparent par rapport à l'arrière plan est moins grand que prévu. Votre cerveau n'aime pas trop ça, il va essayer de donner un sens à une situation anormale, quitte à tricher un peu. Pour rester cohérent, le cerveau décide tout simplement que c'est le cube lui même qui change d'orientation ! Voici comment votre cerveau analyse et transforme la réalité :
Explication de l'illusion du cube en 3D et de l'illusion du dragon qui vous suit du regard
Les traits rouges, violets ,verts et bleus montrent les trajets des rayons lumineux issus du cube et interceptés par votre œil. Dans la situation 1, votre cerveau s'imagine qu'il voit l'avant du cube (les traits rouges) alors qu'il regarde le fond (les traits violets). La situation 2 est la même, après un déplacement de votre œil vers la droite. Pour concilier son interprétation avec les lois de la perspective, votre cerveau choisit de considérer que le cube a pivoté sur lui-même :
Explication de l'illusion du cube en 3D et de l'illusion du dragon qui vous suit du regard
Avec cette interprétation, tout rentre dans l'ordre : le fond du cube peut devenir la face avant et les déplacements apparents par rapport à l'arrière plan sont cohérents. Un déplacement de la tête vers la droite entraine donc une rotation du cube. Bien sûr, cela marche dans les trois dimensions : quelque soit la direction dans laquelle votre œil se déplace, le cube pivote de façon à respecter les conditions décrites précédemment et toujours présenter la face que l'on imagine plus proche que dans la réalité. Dans l'illusion du dragon qui vous suit du regard (voir ci-dessous), c'est le même principe : les yeux du dragons sont localisés sur la partie correspondant au fond du cube, alors que nous les imaginons en premier plan.  Quand on y pense, c'est un peu effrayant : le cerveau est tellement sûr de son coup qu'il n'hésite pas à tricher avec la réalité pour ne pas être pris en défaut..

Vous pouvez bien sûr réaliser votre propre cube, voici le patron. J’essaierai de rajouter un jour d'autres modèles !
 

Le tyrannosaure qui vous suit du regard

En exploitant exactement le même effet, vous pouvez réaliser l'illusion ci-dessous :


Cette vidéo est issue de la chaine youtube de Brusspup, qui regroupe des dizaines de vidéos époustouflantes sur le thème des illusions d'optique. Cliquez sur les liens ci-après pour télécharger les patrons des modèles rouge, bleu et vert.


Les patrons des T. rex magiques ! Crédits : Brusspup
Si vous habitez près de Paris, la Cité des Sciences propose une exposition permanente dédiée aux illusions d'optique. On peut y voir, entre autres, un masque de figure humaine dont le relief est inversé. L'effet est saisissant : on a vraiment l'impression que le masque nous regarde avec insistance. 
L'illusion des masques à la Cité des Sciences et de l'Industrie. Crédits : K.Madjer

That's all folks. Vous trouverez également sur cette page un patron pour réaliser une carte d'anniv originale et un petit support pour ne pas avoir à la tenir. Joyeux noël en retard :)

vendredi 23 novembre 2012

Escher et les sciences: l'obsession de l'infini

Il y a quelques temps, j'avais promis de reparler du graveur Escher, en évoquant la réalisation, par un designer allemand, de sa fontaine infinie. Chose promise, chose due, voici donc un petit article sur Maurits Cornelis Escher, artiste réaliste, méticuleux, obsédé par la géométrie et les répétitions infinies.

Une brève histoire d'estampe

Escher naît en 1898 aux Pays-Bas. Son talent est découvert et encouragé très tôt; il s'oriente rapidement vers les arts graphiques, notamment vers la gravure (ce qui explique la dominance des œuvres en noir et blanc). En 1922, ses études terminées, il voyage dans le sud de l'Europe, où il passe son temps à recopier et à dessiner ce qui lui tombe sous les yeux. Son imagination restera marquée par les caractéristiques architecturales des monuments visités: voûtes, escaliers, mosaïques, pavages réguliers etc. Comme beaucoup d'artistes, Escher vit pauvrement. Il quitte l'Italie Mussolinienne pour  se rapprocher de la Hollande et s'installe tardivement en Belgique, en 1937. Cette date marque un tournant dans son travail, qui incorpore désormais des éléments fantaisistes.

jeudi 25 octobre 2012

La chute d'eau d'Escher : le mouvement perpétuel en vidéo !

Waterfall, M.C Escher, 1961
Je voulais évoquer dans cet article les liens entre les dessins d'Escher, la cristallographie et la topologie mais je suis tombé sur une vidéo plutôt bien faite qui m'a détourné de l'objectif initial. Je garde donc en réserve les vecteurs, les symétries, les atomes et les pavages de Penrose pour la prochaine fois !

La chute d'eau d'Escher

Vous connaissez très probablement ce dessin où le graveur néerlandais, obsédé par les figures géométriques, les déformations et les boucles infinies, joue avec la perspective pour créer un cours d'eau perpétuel. Voici sa reproduction en "vrai", je vous laisse vous torturer les méninges pour comprendre le truc. Indice: pas de système de pompe, tout n'est qu'illusion.

vendredi 12 octobre 2012

Les constructions de l'Oiseau Jardinier Satiné

Un oiseau architecte et séducteur

Vous êtes impressionné par les intérieurs gris de Valérie Damidot et ses saladiers recyclés en plafonniers ? Et si vous laissiez l'oiseau jardinier satiné refaire votre déco ? Ce volatile des antipodes a un sens de l'esthétique hors du commun : le mâle construit sur le sol des sortes de petites huttes, des tonnelles ou encore des allées nuptiales. Il utilise des herbes sèches, des brindilles et de petites branches, tapisse le sol de mousse et décore sa construction de morceaux de bois et de pierres. Puis, il agrémente le toute de champignons, de fleurs ou de plumes. Il recycle aussi des matériaux moins naturels : bouchons en plastiques, morceaux de paille, jouets pour enfants..tout est bon pourvu que ce soit coloré ! Il va même jusqu'à chasser des scarabées irisés aux seules fins d'embellir encore un peu plus son nid d'amour : un comportement unique dans le monde "animal", l'Homme étant la seule autre espèce à tuer des animaux dans un but non alimentaire (lire cet article dans National Geographic). La construction de ces garçonnières peut prendre des années mais s'avère rentable puisque monsieur est polygame.

Une hutte abondamment décorée, Photo: Marion Pannekoek
Une version plus tendance, photo: Magi Nams